Vœux communautaires en Estuaire et Sillon : gouverner sans les usagers ?

 




Le discours de vœux 2026 d’Estuaire et Sillon marque la fin d’une mandature et se présente comme un bilan apaisé, consensuel, presque refermé sur lui-même. Pourtant, un fait politique majeur s’impose : les associations d’usagers en sont absentes, ni invitées, ni reconnues parmi les « partenaires » du territoire.

Cette mise à l’écart n’est pas fortuite. Elle traduit une culture du verrouillage démocratique, où le débat est admis tant qu’il reste interne aux institutions, entre élus, services et acteurs économiques. Les usagers organisés, lorsqu’ils questionnent les choix publics, sont relégués hors du cercle légitime. La formule citée par le président sortant — « Ne soyons pas, individuellement, des empêcheurs de faire » — agit ici comme un révélateur : le désaccord est perçu comme une nuisance, non comme une ressource démocratique.

Cette confusion entre gouvernance et démocratie est particulièrement visible sur la gestion des déchets, réduite à un dossier technique, alors même qu’elle soulève des enjeux sociaux, financiers et environnementaux majeurs. En fin de mandat, le consensus affiché ressemble moins à une réussite collective qu’à une clôture du débat.

Exiger de la transparence, interroger les priorités et défendre les droits des usagers ne revient pas à empêcher d’agir. C’est rappeler qu’un service public ne se gouverne pas durablement contre ses usagers, ni sans eux.

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