Notre compte-rendu de la rencontre LNP – CCES (10 juin 2026)



Mercredi 10 juin, de 14h30 à 16h, la table des discussions réunissait, d'un côté, Pascal Martin (président de la CCES) et Jean-Louis Thauvin (président du SMCNA), en présence de la directrice générale des services ; de l'autre, le président et le trésorier de LNP (Libérez nos poubelles).
Si nous mesurons le pas franchi par cette rencontre après des mois, voire des années, d'ostracisme à l'égard de notre association, et malgré le ton apaisé des échanges, force est de constater que rien n'a véritablement bougé sur le fond.
En une heure et demie d'échanges parfois vifs mais toujours mesurés, nous n'avons malheureusement pu aborder que trop rapidement une partie des quinze points que nous souhaitions soumettre à l'exécutif. Ce premier compte-rendu restitue les principaux enseignements de cette rencontre.

Leur diagnostic continue de faire porter tout l'effort sur les usagers. Sur le fond, le discours de la CCES reste inchangé. Certes le ton change, mais la prise en considération des questions est superficielle. Les interlocuteurs ne mesurent pas vraiment la colère des usagers. 
Le ton change, mais pas la gouvernance 
Selon Jean-Louis Thauvin, les difficultés actuelles trouvent principalement leur origine dans des éco-organismes qui « ne jouent pas le jeu » en matière de traitement des déchets et de son financement. 

De son côté, Pascal Martin a insisté surtout sur la nécessité pour les habitants "de faire évoluer leurs comportements, tant dans leurs choix de consommation que dans leurs pratiques de tri".

Pour l'exécutif communautaire, les augmentations tarifaires — qui ne sont, selon eux, ni les seules "ni les principales hausses auxquelles les usagers doivent faire face" — demeurent nécessaires afin "d'assurer l'équilibre financier du service."

Nos remarques concernant le manque de transparence dans la gestion passée des déchets ont été éludées. Nous continuons pourtant à estimer qu'une meilleure information des habitants sur les choix effectués, leurs coûts et leurs conséquences, constituerait une condition essentielle pour commencer à rétablir une confiance perdue.

Nous avons bien insisté sur la colère et l'incompréhension que suscite aujourd'hui la gestion des déchets auprès de nombreux habitants, un mécontentement qui nous semble encore insuffisamment perçu par les responsables du service.

Démocratie locale : une ouverture toujours limitée

Commission Déchets
La position de la CCES semble désormais arrêtée et devrait être validée lors du conseil communautaire du 18 juin à Savenay.

Le dispositif envisagé prévoit la présence de trois élus par commune, dont un représentant des groupes minoritaires lorsque ceux-ci existent. Nous avons fait remarquer que certaines communes ne disposent pas d'opposition organisée et que, dans d'autres, plusieurs groupes minoritaires coexistent. Il nous a été répondu : « Qu'ils s'arrangent entre eux ! »

Pour LNP, cette formule reste avant tout un dispositif d'élus destiné et réservé aux seuls élus. Elle ne répond pas à notre demande d'ouverture à des représentants d'usagers ou à des citoyens tirés au sort.

Tirage au sort d'usagers
Cette proposition a suscité de fortes réserves de la part de nos interlocuteurs. L'argument avancé ? « Les élus sont eux-mêmes des usagers du service » et assurent déjà cette représentation, estime le président CCES.

Nous continuons de considérer qu'un tirage au sort permettrait d'enrichir le débat par une diversité d'expériences et de points de vue aujourd'hui absente des instances décisionnelles.

Démocratie participative
La CCES a mis en avant le rôle du Conseil de développement (CDD), structure consultative disposant d'un budget annuel de 100 000 €.

Nous avons rappelé que les avis produits par cette instance ont eu jusqu'à présent une influence très limitée sur les décisions communautaires, ce qui interroge sur la place réellement accordée à la participation citoyenne.

Tarification et marchés publics : des avancées très limitées

Bacs jaunes : Le seul engagement clairement exprimé concerne les futurs bacs jaunes, qui ne seraient pas facturés à la levée à partir de 2027. Cette annonce mérite toutefois d'être immédiatement relativisée : leur coût continuera d'être financé par les usagers, à travers la part fixe de la redevance, c'est-à-dire l'abonnement au service.

Déchèteries : La CCES estime que nous « n'accordons pas suffisamment d'attention à ce sujet ». Nous avons rappelé qu'en 2025, les déchèteries avaient été présentées comme une priorité de l'ancienne mandature, sans que les évolutions annoncées n'aient véritablement vu le jour à ce stade.

Syndicat mixte et traitement des déchets : Une volonté de plus grande transparence a été affichée concernant le SMCNA et les filières de traitement, par son nouveau président. Les partenariats engagés avec Uni'Tri ainsi qu'avec le projet Valo'Loire (Prairie de Mauves à Nantes, associant Séché Environnement) ont été trop vite évoqués. 

Nous resterons très attentifs à la communication des éléments techniques, contractuels et financiers.

Brangeon à Prinquiau


Collecte : La délégation de la collecte au groupe Brangeon est confirmée. On nous a glissé, sur le ton de l'ironie, que « nous devrions nous réjouir qu'elle n'ait pas été confiée à Veolia ». Cette boutade ne répond pas aux question posées sur les critères retenus dans les récents appels d'offres, ni aux conséquences concrètes de ces choix pour les usagers.

Faute de temps, nous n'avons pu qu'aborder brièvement le désintérêt croissant des citoyens pour les conseils communautaires, des lieux où se prennent pourtant des décisions qui affectent directement leur quotidien. 

Nous avons formulé plusieurs propositions concrètes pour rendre ces instances plus ouvertes, plus lisibles et plus attractives. Dans quelle mesure en sera-t-il tenu compte ?

Et maintenant ?

Cette rencontre aura surtout permis de mettre en évidence des divergences de fond sur la gouvernance du service déchets, la transparence des décisions et la non-place faite aux citoyens-usagers.

Elle pose désormais une question simple : la CCES est-elle prête à faire évoluer ses pratiques, ou à confirmer un fonctionnement qui peine aujourd’hui, hors des élus eux-mêmes, à susciter l’adhésion ?

Dans tous les cas, LNP continuera à porter fermement et publiquement la voix des usagers.

CR établi par le bureau de LNP le 12 juin

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