Assemblée générale de LNP du 30 octobre : des préoccupations locales à une force citoyenne à l'échelle du SMCNA
L'assemblée générale ouverte de Libérez nos poubelles (LNP), réunie le vendredi 30 octobre 2026 au Tiers Lieu de la Chapelle-Launay, a rassemblé une quinzaine de participants.
1 Une participation qui dépasse le territoire d'Estuaire et Sillon
Les participants venaient de plusieurs communes de la CCES (Savenay, La Chapelle-Launay, Prinquiau, Lavau-sur-Loire) - et à parité - avec la présence d'élus de Savenay et de Prinquiau.
La réunion a accueilli des usagers venus de Pontchâteau (CC du Pays de Pontchâteau-Saint-Gildas-des-Bois) et de Blain (CC de la Région de Blain).
Cette ouverture territoriale repose sur un dénominateur commun : l'appartenance de ces intercommunalités au SMCNA, syndicat mixte chargé du traitement des déchets.
Sur le plan de la vie associative locale, le processus de renouvellement des cotisations a été engagé avec l'enregistrement des premières réadhésions (formulaire en ligne).
2 De la collecte au traitement : des préoccupations communes
Les échanges ont largement dépassé les seules questions de collecte et de facturation. Ont notamment été abordés :
● Les difficultés liées aux bacs jaunes et aux modalités de collecte.
● Les conséquences de la fermeture du site d'enfouissement de Treffieux.
● Le fonctionnement d'Unitri et les perspectives concernant le futur “centre de valorisation” énergétique de Nantes Métropole (Valo’Loire).
● Le traitement des déchets, qui relève de la responsabilité du SMCNA, et les choix techniques, économiques et politiques engagés pour l'avenir.
● La gouvernance des intercommunalités et du SMCNA, marquée par un manque de transparence des processus de décision : une quasi "omerta".
● Les limites de la tarification incitative et le bilan mitigé de sa mise en œuvre.
● Le poids de la TGAP (taxe générale sur les activités polluantes) et son instrumentalisation budgétaire pour justifier les hausses tarifaires auprès des "clients", des "redevables".
● La culpabilisation persistante des usagers, sommés d'être toujours plus "vertueux" face aux dysfonctionnements du système et à ses coûts.
Au fil des débats, c'est donc l'ensemble de la chaîne de gestion des déchets qui a été questionné : organisation de la collecte et du traitement, fiscalité, coûts et répercussions sur les factures des ménages.
3 Vers une coopération citoyenne à l'échelle du SMCNA
Une volonté commune s'est dégagée : développer une coopération supra-intercommunale entre les collectifs et associations d'usagers des territoires membres du SMCNA.
La première étape consistera à créer un groupe d'échanges et de discussion pour confronter les expériences, partager les informations, croiser les analyses et faire émerger des positions communes. L'objectif est de construire une expertise citoyenne partagée, à la hauteur des périmètres de décision du syndicat mixte.
Au cours de la soirée, une remarque a particulièrement retenu l'attention : malgré ses faiblesses actuelles, une organisation citoyenne de cette nature pourrait bien arriver à « leur faire peur ».
La formule mérite réflexion. Car ce qui pourrait changer la donne, ce n'est pas la force seule d'une association isolée, mais la capacité de plusieurs collectifs à travailler ensemble, à mutualiser leurs connaissances et à développer une lecture indépendante et contradictoire des politiques publiques de gestion des déchets.
Des usagers organisés, informés, capables de documenter les dysfonctionnements, de questionner les choix techniques et financiers et de confronter les discours aux réalités du terrain : voilà qui pourrait progressivement faire évoluer les rapports entre décideurs et citoyens.
Il ne s'agit plus seulement de protester contre les décisions prises, mais de se donner les moyens de peser sur leur élaboration. À l'échelle du SMCNA, cette coopération pourrait faire émerger un interlocuteur citoyen que les institutions ne pourraient plus ignorer comme elles le font actuellement partout.
En fin de réunion, des exemplaires du livre publié par l'association il y a un an, "Poubelles, les raisons de la colère", ont été diffusés, contribuant à la transmission de l'expérience et des analyses accumulées par LNP.
Un premier pas, modeste encore, vers la constitution d'une expertise citoyenne qui ne demande qu'à s'élargir en "centre nord atlantique".

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